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  • Damien Motavasseli

Congrès de la SOFAMEA, Grenoble 2019


Résumé. Parésie, spasticité, cocontraction spastique et rétraction des tissus mous contribuent à altérer la cinématique articulaire et à diminuer la vitesse de marche après une lésion du système nerveux central. L’exploration des profils électromyographiques des muscles agonistes et antagonistes au cours du cycle de marche permet de détecter la présence de ces différents mécanismes physiopathologiques. A partir du calcul de coefficients de recrutement musculaire et de la mesure des variations de position articulaire, il est possible d’identifier la part de responsabilité de chaque mécanisme dans le trouble fonctionnel. Ces coefficients sont utiles pour guider le choix des traitements chez les patients présentant une hémiparésie.

Communication libre.

Mouna Ghédira, Valentina Mardale, Catherine-Marie Loche, Caroline Gault-Colas, Maud Pradines, Jean-Michel Gracies, Emilie Hutin.

Mécanismes neuromusculaires prépondérants dans le déficit de vitesse de déambulation.








Mots clés. Cocontraction, Parésie, Rétraction, Spasticité, Marche, Accident vasculaire cérébral.



Introduction. Dans l’hémiparésie, la parésie agoniste, la cocontraction spastique, la spasticité et la rétraction des antagonistes limitent la déambulation. Cette étude explorait les corrélations entre ces mécanismes physiopathologiques et la vitesse de déambulation.


Méthodes. Etude rétrospective de 140 sujets avec hémiparésie chronique, évalués (>3mois après injection de toxine botulique au membre inférieur) par : un test de déambulation sur 10m à vitesse confortable et rapide, et mesures d’amplitude passive maximale (XV1), angle de ressaut au mouvement passif rapide (XV3) et amplitude active maximale (XA) contre les gastrocnémiens (GAS), droit fémoral (DF) et grand fessier (GF). Les coefficients de raccourcissement (CR=[XN-XV1]/XN ; XN, amplitude normale), spasticité (CS=[XV1-XV3]/XV1) et faiblesse (CF=[XV1-XA]/XV1) étaient calculés. Pour chaque muscle, une analyse multivariable explorait CR, CS et CF comme potentiels prédicteurs de la vitesse de déambulation.


Résultats. La vitesse de déambulation (confortable, 0,62±0,28m/s ; rapide, 0,84±0,38m/s) était corrélée avec CR (GAS, confortable, ns ; rapide, β=-0,20, p=0,03 ; DF, confortable, β=-0,41, p=6E-7 ; rapide, β=-0,43, p=5E-7 ; GF, confortable, β=-0,19, p=0,02 ; rapide, β=-0,26, p=0,002) et CF (GAS, confortable, β=-0,21, p=0,010 ; rapide, β=-0,21, p=0,012 ; DF, confortable, β=-0,36, p=5E-5 ; rapide, β=-0,33, p=0,0003 ; GF, confortable, β=-0,26, p=0,002 ; rapide, β=-0,22, p=0,010). Elle n’était pas corrélée au CS.


Conclusions. Dans l’hémiparésie chronique, la vitesse de déambulation est corrélée aux amplitudes de mouvement passif lent et actif volontaire contre les extenseurs du membre inférieur, et non à leur niveau de spasticité. Ces résultats inciteraient à orienter le traitement rééducatif vers l’étirement musculaire et l’entraînement moteur actif.


Très belle rencontre avec le Professeur Alim Louis Benabid.


Le Professeur Alim Louis Benabid a donné une conférence exceptionnelle sur ses récents travaux au centre de recherche biomédicale Clinatec de Grenoble.



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